Kobus comprit que Iôsef avait tout deviné! Il aurait voulu répandre des larmes; mais, tout à coup, il se mit à sauter en criant:

«Allons, mon vieux, allons, il faut rire... il faut s'amuser.... En route pour la Madame Hütte! Ah! le beau soleil!»

Zimmer, le postillon, se tenait debout sous la porte cochère, la figure pourpre; Kobus, lui remit deux florins:

«Allez boire un bon coup, Zimmer, lui dit-il, faites-vous du bon sang! Nous partirons après souper, vers neuf heures.

—C'est bon, monsieur Kobus, la voiture sera prête. Nous irons comme un éclair.»

Puis, les regardant s'éloigner bras dessus bras dessous, le vieux postillon sourit d'un air de bonne humeur et entra dans le cabaret de l'Ours-Noir, en face.


[XVII]

Le lendemain Fritz se leva dans une heureuse disposition d'esprit; il avait rêvé toute la nuit de Sûzel et se proposait d'aller passer six semaines au Meisenthâl, pour la voir à son aise.

«Que Hâan, Schoultz et le vieux David rient tant qu'ils voudront, pensait-il, moi, je vais tranquillement là-bas; il faut que je voie la petite, et si les choses doivent aller plus loin, eh bien! à la grâce de Dieu: ce qui doit arriver arrive!»