«Qu'il en soit donc fait ainsi, dit Christel.

—Oui, répondit David, c'est le meilleur, et vous viendrez demain à Hunebourg, dresser le contrat.»

Alors on but, et le vieux rebbe, souriant, ajouta:

«J'ai fait bien des mariages dans ma vie; mais celui-ci me cause plus de plaisir que les autres, et j'en suis fier. Je suis venu chez vous, Christel, comme le serviteur d'Abraham, Éléazar, chez Laban: cette affaire est procédée de l'Éternel.

—Bénissons la volonté de l'Éternel», répondirent Christel et Orchel d'une seule voix.

Et depuis cet instant, il fut entendu que le contrat serait fait le lendemain à Hunebourg, et que le mariage aurait lieu huit jours après.


[XVIII]

Or, le bruit de ces événements se répandit le soir même à Hunebourg, et toute la ville en fut étonnée; chacun se disait: «Comment se fait-il que M. Kobus, cet homme riche, cet homme considérable, épouse une simple fille des champs, la fille de son propre fermier, lui qui, depuis quinze ans, a refusé tant de beaux partis?»

On s'arrêtait au milieu des rues pour se raconter cette nouvelle étrange; on en parlait sur le seuil des maisons, dans les chambres et jusqu'au fond des cours; l'étonnement ne finissait pas.