—Une génisse blanche, ah! tant mieux.
—Oui, les blanches donnent plus de lait, et puis c'est aussi plus joli que les autres.» Il y eut un silence. Kobus, voyant que la petite avait bu son café, et qu'elle était tout embarrassée, lui dit:
«Allons, mon enfant, je suis bien content de t'avoir vue; mais puisque tu es si gênée avec nous, va voir la vieille Katel qui t'attend; elle te mettra un bon morceau de pâté dans ton panier, tu m'entends, tu lui diras ça, et une bouteille de bon vin pour le père Christel.
—Merci, monsieur Kobus», dit la petite en se levant bien vite. Elle fit une jolie révérence pour se sauver.
«N'oublie pas de dire là-bas que j'arriverai dans la quinzaine au plus tard, lui cria Fritz.
—Non, monsieur, je n'oublierai rien; on sera bien content.»
Elle s'échappa comme une oiseau de sa cage, et le vieux David, les yeux pétillants de joie, s'écria:
«Voilà ce qu'on peut appeler une jolie fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l'espère.
—Une bonne petite femme de ménage, j'en étais sûr, s'écria Kobus en riant aux éclats; le vieux posché-isroel ne peut voir une fille ou un garçon sans songer aussitôt à les marier. Ha! ha! ha!
—Eh bien, oui! s'écria le vieux rebbe, la barbiche hérissée, oui, j'ai dit et je répète: une bonne petite femme de ménage! Quel mal y a-t-il à cela? Dans deux ans, cette petite Sûzel peut être mariée, elle peut même avoir un petit poupon rose dans les bras.