—Oh! pour cela, jamais, monsieur; du grand Frédéric Schoultz, je ne dis pas, mais de vous....
—Ha! ha! ha! interrompit Kobus, elle s'est moquée de Schoultz! Elle le trouve un peu bête, n'est-ce pas?
—Oh! non, pas justement; je ne peux pas me rappeler... vous comprenez....
—C'est bon, Katel, c'est bon», dit-il en s'en allant tout joyeux.
Et jusqu'au bas de l'escalier, la vieille servante l'entendit rire tout haut en répétant: «Cette petite Sûzel me fait du bon sang.»
Quand il revint, la table était mise et le potage servi. Il déboucha sa bouteille, se mit la serviette au menton d'un air de satisfaction profonde, se retroussa les manches et dîna de bon appétit.
Katel vint servir les beignets avant le dessert. Alors, remplissant son verre, il dit: «Nous allons voir cela.» La vieille servante restait près de la table, pour entendre son jugement. Il prit donc un beignet, et le goûta d'abord sans rien dire; puis un autre, puis un troisième; enfin, se retournant, il prononça ces paroles avec poids et mesure:
«Les beignets sont excellents, Katel, excellents! Il est facile de reconnaître que tu as suivi la recette aussi bien que possible. Et cependant, écoute bien ceci—ce n'est pas un reproche que je veux te faire,—mais ceux de la ferme étaient meilleurs; ils avaient quelque chose de plus fin, de plus délicat, une espèce de parfum particulier,—fit-il en levant le doigt,—je ne peux pas t'expliquer cela; c'était moins fort, si tu veux, mais beaucoup plus agréable.
—J'ai peut-être mis trop de cannelle?
—Non, non, c'est bien, c'est très bien; mais cette petite Sûzel, vois-tu, a l'inspiration des beignets, comme toi l'inspiration de la dinde farcie aux châtaignes.