«Cette petite Sûzel m'a plu d'abord, dit-il; elle est intelligente. Dans trois ou quatre ans; elle connaîtra la cuisine comme ta vieille Katel; elle conduira son mari par le bout du nez; et, si c'est un homme d'esprit, lui-même reconnaîtra que c'était le plus grand bonheur qui pût lui arriver.
—Ah! ha! ha! cette fois, David, je suis d'accord avec toi, fit Kobus, tu ne dis rien de trop. C'est étonnant que le père Christel et la mère Orchel, qui n'ont pas quatre idées dans la tête, aient mis ce joli petit être au monde. Sais-tu qu'elle conduit déjà tout à la ferme?
—Qu'est-ce que je disais? s'écria David, j'en étais sûr! Vois-tu, Kobus, quand une femme a de l'esprit, qu'elle n'est point glorieuse, qu'elle ne cherche pas à rabaisser son mari pour s'élever elle-même, tout de suite elle se rend maîtresse; on est heureux, en quelque sorte, de lui obéir.»
En ce moment, je ne sais quelle idée passa par la tête de Fritz; il observa le vieux rebbe du coin de l'œil et dit: «Elle fait très bien les beignets, mais quant au reste....
—Et moi, s'écria David, je dis qu'elle fera le bonheur du brave fermier qui l'épousera, et que ce fermier-là deviendra riche et sera très heureux! Depuis que j'observe les femmes, et il y a pas mal de temps, je crois m'y connaître; je sais tout de suite ce qu'elles sont et ce qu'elles valent, ce qu'elles seront et ce qu'elles vaudront. Eh bien, cette petite Sûzel m'a plu, et je suis content d'apprendre qu'elle fasse si bien les beignets.»
Fritz était devenu rêveur. Tout à coup il demanda: «Dis donc, posché-isroel, pourquoi donc es-tu venu me voir à midi; ce n'est pas ton heure.
—Ah! c'est juste; il faut que tu me prêtes deux cents florins.
—Deux cents florins? oh! oh! fit Kobus d'un air moitié sérieux et moitié railleur, d'un seul coup, rebbe?
—D'un seul coup.
—Et pour toi?