Un instant après, le mauser revint lentement dans l’allée sombre, lançant de grosses bouffées. Alors je lui criai : « Mauser ! mauser ! »

Il s’avança jusqu’au bord de l’escalier, et me dit en riant :

« C’est toi, Fritzel ?

— Oui, je vais chez vous chercher du miel.

— Hé ! monte donc boire un coup ; nous irons ensemble tout à l’heure. »

Et se tournant vers la cuisine :

« Grédel, cria-t-il, apportez un verre pour Fritzel. »

Je m’étais dépêché de monter, et nous entrâmes, Scipio sur nos talons.

Dans la salle, à travers la fumée grisâtre, on ne voyait le long des tables, que des gens en blouse, en veste, en camisole, le bonnet ou le feutre sur l’oreille ; les uns assis à la file, les autres à cheval au bout des bancs, levant leurs verres pleins d’un air joyeux, et célébrant la grande victoire de Kaiserslautern. De tous les côtés on entendait chanter le Faterland. Quelques vieilles buvaient avec leurs fils et semblaient aussi joyeuses que les autres.

Je suivais le mauser, qui s’avançait, le dos rond, vers les fenêtres de la rue. Là se trouvaient, dans le coin à droite, l’ami Koffel et le vieux Adam Schmitt, devant une bouteille de vin blanc. Dans l’autre coin, en face, l’aubergiste Joseph Spick, son bonnet de laine frisée sur l’oreille, comme un batailleur, et M. Richter, en veste de chasse et grandes guêtres de cuir, buvaient du gleiszeller au cachet vert. Ils étaient pourpres tous les deux jusqu’aux oreilles, et criaient :