—Eh bien! va vite à l'entrepôt; assure-toi que ton ci-devant n'est pas mort, et dépêchons.
—Tu es pressé maintenant?
—Autant que toi. Mais, continua Carrier en réfléchissant, explique-moi comment nous pourrons tirer quatre millions du marquis?
—C'est très simple. Il est marié; sa femme l'adore et cette femme, qui est religieuse maintenant, possède une énorme fortune. Cette fortune, réalisée il y a deux ans, n'a pu sortir de France. Elle est enfermée dans quelque coin du département d'Ille-et-Vilaine. Je ne sais pas où, mais j'ai des données certaines qui me permettent d'être sûr du fait. En passant à Rennes, j'ai fait incarcérer l'ancien notaire de la famille, et, pour racheter sa liberté et sa vie, il m'a raconté cela. L'imbécile ne m'a rien caché, et lorsque j'ai vu qu'il avait défilé son chapelet, je l'ai laissé marcher avec les autres.
—Il est mort?
—Certainement.
—Très bien! s'écria Carrier qui comprenait mieux que personne cette manière de procéder.
—Or, le marquis et sa femme étaient hors de France, continua Diégo, et ils y sont rentrés depuis deux mois. Le marquis est en prison, mais sa femme a échappé.
—Où est-elle?
—A La Roche-Bernard.