—Ah! dit Jahoua, nous saurons un jour le nom de ces infâmes.

—Je les ai sus, moi, répondit Keinec.

—Alors nous vengerons Yvon!

—C'est fait!

—Que dis-tu, mon gars?

—Je dis que je me suis rendu à Rosporden; que je m'y suis caché trois jours de suite. Le deuxième jour, à la nuit tombante, je me suis glissé dans la maison qu'habitaient ensemble deux des assassins d'Yvon. L'un d'eux dormait, je l'ai poignardé. L'autre a voulu crier et se défendre, je lui ai brisé le crâne d'un coup de ma hache. Le lendemain, je m'embusquai en guettant le troisième, et la balle de ma carabine l'atteignit en pleine poitrine. Il est tombé sans pousser un soupir. Yvon était vengé. La mission que m'avait confiée M. de Boishardy avait été remplie quelques jours auparavant; rien ne me parlait d'Yvonne; je partis, et me voilà!

Jahoua serra silencieusement la main de Keinec. Le jeune homme reprit:

—Je suis allé aussi à la baie des Trépassés.

—Et Carfor?

—Il n'a pas reparu.