—Qu'est-ce que c'est que ces trois-là?

—Je n'en sais rien; mais ils ont l'air de bons patriotes.

—Et tu dis qu'ils demandent le citoyen Fougueray?

—C'est-à-dire que j'ai compris, en entendant un bout de leur conversation, que c'était l'un de ceux dont je vous parle, qui désirait voir le citoyen, et que Brutus, pour lui faire plaisir, m'avait ordonné de venir le chercher.

Pinard réfléchit quelques instants. On sait qu'il avait intérêt à connaître les démarches de Diégo. Aussi trouva-t-il dans cette affaire quelque chose de singulier et de mystérieux qu'il se promit d'éclaircir. A quel propos Brutus envoyait-il chercher le citoyen Fougueray? Cette démarche cachait-elle quelque chose que Diégo ne voulait pas qu'il sût? Or, si Diégo ne voulait pas qu'il sût, il était évident que lui, Pinard, avait intérêt à savoir. Donc, en vertu de ce syllogisme parfaitement logique, il pensa à éclaircir la situation.

—C'est bien! répondit-il brusquement à Nicoud. Je préviendrai le citoyen Fougeray moi-même.

—Alors, je vais retourner dire à Brutus que sa commission est faite?

—Non pas!... Tu vas entrer au poste et y attendre mon retour; surtout, fais en sorte que je t'y retrouve, sinon je te fais chercher par mes hommes et je t'envoie au dépôt.

—Sois tranquille, citoyen Pinard, je ne bougerai pas! répondit Nicoud. C'est là tout ce que tu as à m'ordonner?

—Oui.