—Oui.

Et Marcof, prenant une lumière, conduisit ses compagnons vers l'entrée de l'escalier qui descendait dans les fondations de la maison.

—L'endroit dans lequel ils se trouvaient était une ancienne ferme, dévastée deux fois déjà par les bleus. Le cellier, où l'on déposait autrefois les provisions, était vide et désert. D'énormes crocs scellés dans la muraille montraient leurs pointes acérées, veuves des quartiers de viande salée et des jambons fumés qui y étaient appendus jadis en prévision de l'hiver.

—Jette-le là, dit Marcof à Keinec en désignant le sol de la cave. Maintenant prends des cordes, attache-lui les mains derrière le dos, et lie-le solidement au croc le moins élevé.

Keinec s'empressa d'obéir.

—Ah! fit-il en serrant les deux mains déjà liées du misérable, Carfor a conservé la trace de notre visite à la baie des Trépassés, ses pouces sont rongés. Nous ne pourrons plus employer le même moyen pour le faire parler.

—Nous en trouverons d'autres, mon gars, répondit Boishardy.

En ce moment Kérouac entra dans le cellier.

—Laissez-moi voir la figure de ce tigre, dit-il en écartant Keinec et en plaçant en pleine lumière le visage de Pinard.

Les paupières du sans-culotte firent un mouvement qui n'échappa pas à Marcof.