—D'elle-même.

—Mon Dieu! un danger la menace-t-il? Est-elle donc arrêtée de nouveau, elle qu'un miracle avait sauvée?

—Non; elle est libre encore; mais je connais l'endroit où elle se cache!

Philippe poussa un soupir.

—Vous voyez bien que nous avons à causer! continua Diégo en souriant.

—Seigneur! s'écria le marquis en levant les mains vers le ciel; Seigneur! qui me délivrera donc de ces maudits attachés à mes pas!

—Oh! les grands mots! répondit l'Italien. Les phrases à la Voltaire! Ceci est un peu bien passé de mode, je vous en avertis. Et puis, vous venez de commettre une énorme faute de grammaire. Vous employez le pluriel. Vous dites: «les maudits!» Erreur, cher beau-frère, grave erreur. Il fallait vous écrier: «le maudit!» car j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Le chevalier de Tessy est mort et bien mort. Le diable ait son âme! n'est-ce pas? Allons, je vois à votre physionomie que cela ne vous suffit pas. Vous voudriez que j'allasse rejoindre le plus tôt possible ce cher frère que je pleure tous les jours. Mais, bah! j'ai l'âme chevillée dans le corps, moi! Donc n'y songez pas, et sachez seulement que je demeure seul, avec la marquise, bien entendu, la douce et belle Hermosa, que vous avez tant aimée.

—Assez! interrompit brusquement Philippe. Parlez clairement; que me voulez-vous?

—Causer, je vous l'ai dit.

—A quel propos?