Ces paroles n'étaient pas achevées, qu'un nouvel interlocuteur se présentait à la porte du cabinet. C'était un homme de haute taille, un peu obèse et aux cheveux grisonnants. Il portait un costume à peu près semblable à celui du proconsul. En voyant cet homme, Hermosa tressaillit, et un éclair de joie brilla dans ses yeux.
—Diégo! murmura-t-elle.
Le nom du Comité de salut public de Paris était une sorte de Sésame qui, à cette époque, ouvrait toutes les portes, même les mieux fermées. En l'entendant prononcer, Carrier fit un geste de surprise, et changeant de ton:
—Tu es délégué par Robespierre? demanda-t-il brusquement.
—Oui! répondit le nouveau venu.
—Où sont tes pouvoirs?
—Les voici.
Et l'envoyé du Comité parisien entra d'un pas assuré dans la pièce et tendit un paquet de papiers à Carrier. Celui-ci s'empressa de les ouvrir et les parcourut rapidement.
—Il paraît que tu es un chaud patriote! fit-il en levant les yeux sur l'inconnu.
—Tout autant que toi, répondit ce dernier.