—Pauvre Yvonne! murmura Marcof.

Il ne put achever sa pensée. Le navire abordait. Jahoua, saisissant Yvonne et l'enlevant dans ses bras, s'élança à terre d'un seul bond.

Au moment où le couple passait devant Keinec, celui-ci fit un mouvement: ses traits se décomposèrent, et il porta vivement la main à sa ceinture, de laquelle il tira un couteau tout ouvert. Peut-être allait-il s'élancer, lorsque la main puissante de Marcof s'appesantit sur son épaule. Keinec tressaillit.

—C'est toi! fit-il d'une voix sombre.

—Oui, mon gars, c'est moi qui viens te rappeler tes paroles; si je ne me trompe, nous avons à causer...

Les deux hommes ouvrirent l'écoutille et s'engouffrèrent dans l'entrepont. Arrivés à la chambre du commandant, Marcof entra le premier. Keinec le suivit.

—Tu boiras bien un verre de gui-arden (eau-de-vie)? demanda Marcof en s'asseyant.

Keinec, sans répondre, attira à lui une longue caisse placée contre une des parois de la cabine.

—C'est dans ce coffre que tu mets tes mousquets et tes carabines? demanda-t-il brusquement.

—Oui.