—Corbleu! interrompit le comte avec impatience, vous vous ferez vos confidences plus tard. Pour Dieu! mettons-nous à table!...

—Cher Diégo, répondit Hermosa en souriant, depuis que vous avoisinez la cinquantaine, vous devenez d'un matérialisme dont rien n'approche! Cela est véritablement désolant.

—Il est bien convenu que depuis que je n'ai plus trente ans et que je possède une taille largement arrondie, j'ai hérité de tous les défauts qui vous sont le plus antipathiques. Je l'admets; mais, corps du Christ! si je consens à être affublé de tous ces vices que vous me donnez si généreusement, je veux au moins en avoir les bénéfices! Encore une fois, je meurs de faim!

—Et vous, chevalier? demanda Hermosa.

—Lui! interrompit le comte, il est trop amoureux pour être assujetti aux besoins de l'estomac.

—Et vous ne l'êtes pas, vous?

—Quoi?

—Amoureux!

—Amoureux? Ce serait joli, à mon âge.

Hermosa haussa les épaules et sortit. Cinq minutes après, Jasmin dressait un couvert dans un angle de la pièce, et après avoir encombré la table de mets abondants, il se disposa à servir ses maîtres.