—Craignez-vous donc Keinec?

—Je ne le devrais pas; car, lui ne m'a jamais fait mal; bien au contraire, il m'a toujours prodigué les soins affectueux d'un frère; mais, depuis qu'il est revenu au pays, depuis que nous sommes promis, Jahoua, je ne m'explique pas pourquoi, le nom seul de Keinec me fait trembler.

—N'y pensez pas!

—Quand je le vois, sa vue me donne un coup dans le coeur!

—Vous avez tort de vous troubler ainsi. Il ne nous a pas seulement regardés, lui!

—Keinec n'a rien à se reprocher envers moi, tandis que moi, j'ai repris la parole que je lui avais donnée...

—Puisque vous ne l'aimiez pas.

—Mais il m'aime, lui!

—Eh bien! qu'il vienne me trouver, nous réglerons la chose ensemble!...

—Ne dites pas cela, Jahoua, s'écria vivement la jeune fille.