—Eh bien! capitaine, je crois que le noyé n'est pas mort.
—Sainte madone! il peut se vanter alors d'avoir la vie dure, et il devra bien des cierges à son patron.
—Tenez! voici qu'il remue.
Marcof, en effet, se dressait sur son séant. La conversation qui précède avait eu lieu en patois napolitain. Marcof, en sa qualité de navigateur, avait une légère teinture de toutes les langues qui se parlent sur les côtes, et depuis, surtout, les courses de la Félicité dans la Méditerranée, il avait appris assez d'italien pour comprendre les paroles qui se prononçaient, et, au besoin même, pour converser avec les hommes auprès desquels il se trouvait. Celui qu'on avait qualifié de capitaine s'avança gravement vers le naufragé.
—Comment te trouves-tu? lui demanda-t-il.
—Je n'en sais trop rien, répondit naïvement Marcof, qui, le corps brisé et la tête vide, était effectivement incapable de constater l'état de santé dans lequel il était.
—D'où viens-tu?
—De la mer.
—Par saint Janvier! je le sais bien, puisque nous t'avons trouvé évanoui sur la plage. Ce n'est pas cela que je te demande. Tu es Français?
—Oui.