Quant à Marcof, il ne se préoccupa pas le moins du monde de l'impression qu'il produisait, et marcha droit à Cavaccioli. Arrivé en face du chef, il tira un pistolet de sa ceinture.
—Je t'engage, lui dit-il, à ordonner à tes hommes de ne pas faire un geste; car si j'entendais seulement soulever une carabine, je te jure, foi de chrétien, que je te brûlerais la cervelle avant qu'une balle m'eût atteint.
Puis, se retournant à demi sans cesser d'appuyer le canon de son pistolet sur la poitrine de Cavaccioli:
—Vous autres, continua-t-il en s'adressant aux bandits, vous pouvez, si bon vous semble, aller voir ce que sont devenus ceux qui devaient m'assassiner; mais si vous tenez à la vie de votre capitaine, je vous engage à vous retirer, car j'ai à lui parler seul à seul.
Les brigands, interdits et dominés par l'accent impératif de celui qui leur parlait, se reculèrent à distance respectueuse. Marcof et Cavaccioli demeurèrent seuls.
—Tu veux me tuer? demanda le chef en pâlissant.
—Ma foi, non, répondit Marcof; à moins que tu ne m'y contraignes.
—Que veux-tu de moi alors?
—Je veux te faire mes adieux.
—Tu pars donc?