—J'ai quitté Cavaccioli parce que je ne suis ni assez lâche ni assez misérable pour me livrer à un honteux métier. Il a voulu me faire assassiner. J'ai pendu de ma main les cinq drôles qu'il m'avait envoyés. Maintenant, contraint par moi, il m'a remis ce sauf-conduit. Songe à suivre ces instructions, ou sinon ne t'en prends qu'à toi du sang qui sera versé!
—Allons! répondit Diégo en souriant, tu ne fais pas mentir ta réputation d'audace et de bravoure.
—Alors tu vas me donner un guide?
—Bah! nous parlerons de cela demain. Il fera jour.
—Non pas! je veux en parler sans tarder d'une minute!
—Allons! tu n'y songes pas! Tu es un brave compagnon; ta hardiesse me plaît. Demeure avec nous! Vois! ce soir j'ai fait une riche proie, continua le bandit en désignant du geste les cadavres et la jeune femme. Je ne puis t'offrir une part du butin puisque tu es arrivé trop tard pour combattre, mais si cette femme te plaît, si tu la trouves belle, je te permets de jouer aux dés avec nous.
—Et si je la gagne, je l'emmènerai avec moi?
—Non! Elle sera poignardée au point du jour. Elle pourrait nous trahir.
—Alors je refuse.
—Et tu fais bien, répondit un bandit en s'adressant à Marcof; car je viens de gagner la belle et je ne suis nullement disposé à la céder à personne.