—Quelques douleurs d'entrailles imperceptibles.

—Qui amènent infailliblement la mort, n'est-ce pas, dit Hermosa en baissant encore la voix. Ce que contient cette fiole est un poison violent?

—Eh! non. Tu as des expressions d'une brutalité révoltante, permets-moi de le dire. Il ne s'agit nullement de poison. L'effet de ces douleurs d'entrailles cause un malaise général d'abord, puis détermine ensuite un épanchement au cerveau. De sorte que celui qui a goûté à cette liqueur meurt, non pas empoisonné, mais par la suite d'une attaque d'apoplexie foudroyante. Voilà tout.

—Et tu nommes ce que contient ce flacon?

—De l'extrait «d'aqua-tofana!»

—Le poison perdu des Borgia?

—Retrouvé par un ancien ami à moi que tu as connu en Italie.

—Cavaccioli, n'est-ce pas?

—En personne!

Hermosa ne continua pas la conversation. Le comte fit quelques tours dans la chambre, ouvrit une tabatière d'or, y plongea l'index et le pouce, en écarquillant gracieusement les autres doigts de la main, et après avoir dégusté savamment le tabac d'Espagne, il lança délicatement à la dentelle de son jabot deux ou trois chiquenaudes, qui eurent l'avantage de faire ressortir l'éclat d'un magnifique solitaire qui brillait à son petit doigt. Puis, revenant près d'Hermosa: