Mais à peine eut-il atteint l'échelon de l'échelle qui lui permettait de plonger ses regards dans l'intérieur, qu'il fut saisi d'un tremblement nerveux, et qu'il sauta à terre plutôt qu'il ne descendit. Jocelyn venait de reconnaître le comte de Fougueray, le chevalier de Tessy, et la première marquise de Loc-Ronan.

Ignorant des circonstances qui avaient conduit ces deux hommes dans l'abbaye, Jocelyn pensa naturellement qu'ils avaient deviné et la supercherie de son maître, et le lieu de sa retraite. Aussi, oubliant le bruit qu'il avait entendu dans les souterrains, et qui avait été la cause de sa sortie, il ne prit que le temps de remettre l'échelle à sa place, et, avec l'agilité d'un jeune homme, il franchit la distance qui le séparait de l'entrée du cloître mystérieux où l'attendaient Julie et Philippe.

En le voyant entrer pâle, les cheveux en désordre, l'oeil égaré, le marquis et la religieuse poussèrent une exclamation d'effroi.

—Qu'as-tu? s'écria vivement Philippe.

—Que se passe-t-il? demanda la religieuse.

Jocelyn fit signe qu'il ne pouvait répondre. L'émotion l'étouffait.

—Monseigneur! dit-il enfin d'une voix entrecoupée, monseigneur, fuyez! fuyez sans retard!

—Fuir! répondit le marquis étonné. Pourquoi? A quel propos?

—Mon bon maître, ils savent tout! vous êtes perdu!...

—De qui parles-tu?