—Dans les souterrains?
—Non, monseigneur, dans l'aile gauche du couvent!
Et Jocelyn raconta rapidement ce qu'il venait de faire et de voir. Il dit que lorsque ses regards plongèrent dans la chambre éclairée, il avait aperçu le comte et le chevalier à table, et auprès d'eux une autre personne encore.
—Une femme? demanda le marquis.
Jocelyn fit un signe affirmatif, puis il regarda la religieuse et se tut.
—Elle?... s'écria Philippe illuminé par une pensée subite.
—Oui, monseigneur, répondit Jocelyn à voix basse.
Un silence de stupeur suivit cette brève réponse. La religieuse, agenouillée, priait avec ferveur. De sombres résolutions se lisaient sur le front du marquis. Pour lui, comme pour Jocelyn, il était manifeste que le comte et le chevalier connaissaient la vérité et s'étaient mis à sa poursuite. Sans cela, comment expliquer leur arrivée dans l'abbaye déserte?
Ainsi ce que Philippe avait fait devenait nul. Il allait encore se retrouver à la merci de ses bourreaux, et, qui plus était, s'y retrouver en entraînant Julie avec lui. Pour sortir libre de l'abbaye, il lui faudrait sans aucun doute accéder aux propositions qui lui avaient été faites. Non-seulement abandonner sa fortune, ce qui n'était rien, mais reconnaître pour son fils un étranger, fruit de quelque crime qui déshonorerait le nom si respecté de ses aïeux.
Philippe avait la main posée sur un pistolet. Il eut la pensée d'en finir d'un seul coup avec cette existence horrible et de se donner la mort. La vue de Julie priant à ses côtés le retint.