Keinec et Jahoua se reculèrent, tandis que Marcof, se tournant vers Carfor, reprenait:
—Encore une fois, veux-tu répondre aux questions que je vais t'adresser?
—Non!
—Tonnerre! tu parleras, cependant.
Marcof prit un bout de corde qui gisait à terre, et, sans ajouter un seul mot, il le coupa en deux à l'aide d'un poignard qu'il tira de sa ceinture. Cela fait, il répandit un peu de poudre sur un rocher, et roula dedans le bout de la corde qu'il convertit ainsi en mèche.
—Pour la troisième fois, fit-il encore en s'adressant à Carfor, veux-tu répondre!
Le berger détourna la tâte.
—Garrottez-le! ordonna le marin.
Jahoua et Keinec se précipitèrent sur Carfor. Le misérable voulut opposer de la résistance, mais, terrassé en une seconde, il fut bientôt mis dans l'impossibilité de faire un seul mouvement. Les deux hommes lui tinrent solidement les jambes et les bras.
—Attachez-lui les mains, continua Marcof impassible; seulement, laissez-lui les pouces libres... Là, continua-t-il en voyant ses ordres exécutés. Maintenant, Keinec, prends ce bout de mèche et place-le entre ses pouces; mais serre vigoureusement, que la corde entre bien dans les chairs.