—Tu dois avoir des amis dans ce pays? dit-il à Jahoua.

—Oui, répondit le fermier.

—Connais-tu le propriétaire de cette ferme?

—C'est Louis Kéric, mon cousin.

—Frappe alors, et demande des chevaux.

En voyant Marcof ferme et résolu, ses deux compagnons sentirent renaître une lueur d'espoir; Jahoua obéit vivement. Le fermier auquel il s'adressait mit son écurie à la disposition de son cousin. Trois bidets vigoureux furent lestement sellés et bridés. Les trois hommes partirent au galop. Dix heures du soir sonnaient à l'église d'Audierne à l'instant où ils s'élançaient dans la direction de l'abbaye. Marcof était en tête.

Arrivés à la moitié environ du chemin qu'ils avaient à parcourir pour atteindre l'abbaye de Plogastel, les trois cavaliers, qui suivaient au galop la route bordée de genêts, entendirent un sifflement aigu retentir à peu de distance. Marcof étendit vivement la main.

—Halte! dit-il en retenant son cheval.

—Pourquoi nous arrêter? demanda Keinec.

—Parce que nos amis pourraient nous prendre pour des ennemis et tirer sur nos chevaux. Attendez!