—Oui.

—Quand cela?

—Il y quelques heures à peine.

Keinec et Jahoua poussèrent un rugissement de joie et de colère. Marcof les arrêta de la main. Puis, revenant à Hermosa:

—Où était cette jeune fille?

—A l'abbaye.

—Où est-elle?

—Écoutez-moi, fit vivement la misérable, craignant qu'on ne prit pour hésitation de sa part l'ignorance où elle était effectivement de ce qu'était devenue Yvonne.

Elle raconta brièvement ce qu'elle savait. Elle dit comment Yvonne avait été atteinte par les crises nerveuses, comment le comte l'avait saignée, comment lui et le chevalier l'avaient enfermée dans la cellule de l'abbesse, et comment enfin elle, Hermosa, avait constaté le soir la disparition extraordinaire de la jeune fille. Il y avait un tel cachet de vérité à ses paroles, il était si naturel de supposer qu'Yvonne eût profité de la plus légère circonstance favorable pour fuir, que Marcof et ceux qui écoutaient Hermosa ne doutèrent pas qu'elle ne parlât sincèrement.

—La jeune fille est peut-être retournée à son village, dit le comte de La Bourdonnaie.