—Corbleu! chevalier, fit le comte en rompant le silence, l'aspect de ce pays a quelque chose de vraiment original! Ces falaises, ces rochers sont splendidement sauvages, et j'aime assez, comme dernier plan, cette mer azurée qui n'offre pas de limites au tableau...

—Cher comte, répondit le chevalier, l'Océan ne vaut pas la Méditerranée; ces falaises et ces blocs de rochers ne peuvent lutter contre nos forêts des Abruzzes, et j'avoue que la vue de la baie de Naples me réjouirait autrement le coeur que celle de cette crique étroite et déchirée.

—A propos, cher ami, c'était dans cette crique que Marcof avait jeté l'ancre hier soir, et le diable m'emporte si je vois l'ombre d'un lougre!

—En effet, la crique est vide.

—Il a donc mis à la voile ce matin, ce Marcof enragé?

—Probablement.

—Diable!

—Cela te contrarie?

—Mais, en y réfléchissant, je pense, au contraire, que ce départ est pour le mieux.

—Sans doute. Marcof est difficile à intimider, et si le marquis de Loc-Ronan avait eu la fantaisie de lui demander conseil...