—Ils peuvent s'en procurer d'autres, tandis que vous…

—Plus un mot, Valleroy, j'ai promis.

—Mais de quoi vivrez-vous dans l'exil, Monsieur? De quoi vivront Mme la comtesse et M. le chevalier?

—Dieu y pourvoira, réplique simplement le comte. Pour toi, ne pense plus maintenant qu'à l'exécution de mes ordres. Va faire tes préparatifs et te reposer, car il importe que tu te mettes en route demain en même temps que nous.

—Je partirai demain et Monsieur le comte peut compter sur moi.

C'est dit d'un ton qui, sous l'invincible dévouement de Valleroy, dissimule mal sa tristesse.

—Tu me désapprouves donc? lui demande M. de Malincourt.

—Vous désapprouver, moi! Je ne l'oserais. Mais, quitter son pays, aller vivre à l'étranger parmi ceux qui s'arment contre la France, au risque d'être confondu avec eux… je vous plains, je nous plains.

—Tu ne seras pas obligé d'y rester. Ta mission remplie, tu pourras revenir ici.

—Non, Monsieur, car ma place est près de vous. Rappelez-vous la vieille devise de mon père, que lui avait léguée le sien: «Valleroy appartient à Malincourt!»