Puis, tirant de sa poche, brusquement, un mouchoir, elle essuya ses larmes, et du même coup, sans doute, domina son émoi passager, car son visage rasséréné reprit son ordinaire physionomie, tranquille et hautaine.

—Mais tout cela ne m'apprend pas qui tu es, citoyen, fit-elle, ni ce que je peux pour toi.

—Le colonel ne le dit pas?

—Il me dit seulement que tu es un brave homme et que je peux ajouter foi à tes paroles. Fais-moi donc connaître ton nom.

—On me nomme Valleroy, Madame la chanoinesse.

—Et moi, la citoyenne Jussac, répliqua-t-elle vivement, je te dispense des vieilles formules; elles n'ont plus cours.

Valleroy s'inclina comme s'il s'excusait d'obéir et répéta:

—On me nomme Valleroy, citoyenne. Je suis l'intendant du comte de Malincourt, mestre de camp des armées royales, actuellement enfermé dans la prison des Carmes, à Paris, avec Mme la comtesse. Ce jeune homme est leur fils cadet, le chevalier de Malincourt; l'aîné est en émigration.

—Et cette fillette? demanda la chanoinesse en désignant Nina.

—Nina d'Aubeterre, fille du capitaine d'Aubeterre, qui servait dans le
Royal allemand et qui fut tué lors des troubles de 1789.