Une fois de plus, Bernard récita la leçon qu'il avait apprise à Hamm et qui contenait l'exposé fidèle des mesures prises pour sauver la famille royale. Mais cette fois, à la leçon, il dut ajouter divers commentaires. Son exposé ne s'occupait en effet que de la sortie de Paris et du voyage jusqu'en Angleterre, ce qui concernait la sortie du Temple ayant été laissé à l'intelligence de ceux qui en seraient chargés, et Grignan s'étant engagé à élaborer cette partie du plan. Bernard en révéla les détails à la reine.
Quand Marie-Antoinette apprit qu'elle et Madame Élisabeth devraient revêtir un uniforme de garde national, elle demanda comment on le leur procurerait.
—Voici les deux costumes, Madame, répondit Bernard en découvrant la corbeille qu'il avait apportée.
Ils y étaient en effet, très habilement cachés sous le pain et dans un double fond.
—Mais qu'allons-nous en faire jusqu'à ce soir? interrogea la reine.
—Que Votre Majesté les mette entre les matelas de son lit. Personne, aujourd'hui, ne s'avisera de les chercher là.
Marie-Antoinette suivit ce conseil, et, aidée de Bernard, eut caché en un tour de main les uniformes.
—Est-ce là ce que vous aviez à me dire, mon enfant? reprit-elle alors.
—C'est ce que M. de Morfontaine m'a prié de répéter à Votre Majesté.
—Vous m'aviez parlé de mon beau-frère, le comte de Provence. Ne vous a-t-il confié aucun message pour moi?