Valleroy pressentit un malheur.

—Qu'as-tu donc? lui demanda-t-il.

—J'ai que le dossier de tante Isabelle n'est plus dans le carton de Fouquier-Tinville. Il y était hier avec celui de la chanoinesse; je les ai vus tous deux. Il n'y en a plus qu'un aujourd'hui.

—On a enlevé l'autre! s'écria Valleroy écrasé par cette nouvelle.

—On l'a enlevé pour l'envoyer au tribunal, sans doute.

—Non, non, c'est impossible! Le ciel ne peut vouloir que tante Isabelle périsse, alors que nous sommes parvenus à la dérober jusqu'ici au bourreau et que, demain peut-être, la guillotine sera renversée! C'est impossible.

Sa voix tremblait; des larmes montaient à ses yeux, coulaient sur ses traits où se révélait son désespoir, tandis que ses mains s'agitaient convulsivement.

—Par grâce, Valleroy, supplia Bernard, domine-toi, ou tu vas te perdre.

—Et qu'importe! soupira le pauvre garçon… Pourquoi vivre si tante
Isabelle meurt?

—Pourquoi vivre? Ne suis-je donc plus rien pour l'ami à qui je dois de n'être pas mort de douleur et de misère? Pourquoi vivre! As-tu oublié ton devoir? Valleroy n'appartient-il plus à Malincourt?