—Citoyen, en vertu des ordres dont je suis porteur et au nom de la loi, je t'arrête. Dans deux heures, nous partirons pour Epinal.

À ce moment, Mme de Malincourt intervint.

—J'espère, Monsieur, que vous me permettrez de partir avec lui, fit-elle.

—C'est que je n'ai pas reçu d'instructions à ton sujet, citoyenne!

—Vous êtes donc libre d'agir à votre gré, et vous ne serez pas assez cruel pour me séparer de mon mari. S'il est coupable, je ne le suis pas moins.

—C'est vrai, ce que tu dis là. Eh bien, c'est entendu, je t'arrête aussi. Si vous avez tous deux quelques dispositions à prendre, je vous autorise à y consacrer le temps qui vous reste avant le départ. Quant à moi, je vais opérer une perquisition dans vos papiers.

Il donna un ordre aux gardes nationaux qui l'entouraient, et ceux-ci firent évacuer la salle, où bientôt le comte et la comtesse se trouvèrent seuls, gardés à vue, après avoir vu sortir lentement et tête basse leurs fidèles serviteurs impuissants à les sauver.

—Nous sommes perdus! dit alors M. de Malincourt.

—Qu'importe! répondit sa femme, si jusqu'à la fin on ne nous sépare pas.

—Mais nos enfants, Louise?