—Quoi! mon vieux Reybach, c'est vous qui me les amenez?

—C'est moi, Monsieur le vicomte. Le hasard m'a fait connaître l'aimable Bernard et son digne compagnon sur le bateau qui vient de Mayence et je me suis engagé à les piloter jusqu'à vous.

—Comment vous remercier?

—En me permettant de me retirer et de rentrer chez moi où m'attendent deux charmantes Françaises à qui j'ai offert l'hospitalité.

—J'irai vous voir demain, Reybach, pour vous exprimer ma reconnaissance.

—Et la nôtre aussi, Armand, ajouta Bernard, car depuis ce matin M.
Reybach s'est prodigué en bons soins et en attentions.

—Eh bien, c'est entendu, répondit le peintre; je serai heureux de vous revoir demain, mes gentilshommes, et je crois bien que vous trouverez chez moi une petite personne qui sera enchantée, elle aussi, de retrouver Monsieur le chevalier. Sur ce, je me sauve.

Il s'esquiva, et Armand, qui le suivit d'un oeil reconnaissant, vit son grand feutre penché cavalièrement sur l'oreille et son pourpoint noir se perdre dans la foule pressée aux abords du café. Alors, il entraîna son frère et Valleroy au fond de la salle, et, s'asseyant avec eux à une table, il les interrogea.

—M'expliquerez-vous comment vous êtes à Coblentz tous les deux, quand je vous croyais à Saint-Baslemont?

—Nous avons été contraints de fuir, Monsieur le vicomte, dit Valleroy.