Note 1: Depuis l'époque où a paru le premier volume de cet ouvrage et tandis que l'auteur préparait celui-ci, il a reçu communication de documents précieux, relatifs à l'émigration: les papiers de Louis XVIII de 1796 à 1814, ses manuscrits autographes, les registres de ses correspondances, les lettres des souverains, celles de sa famille, de ses agents. En examinant ces richesses documentaires qui, pour la plupart, n'étaient jamais sorties, depuis plus d'un siècle, du dépôt où elles sont conservées, il a eu la satisfaction de constater la rigoureuse exactitude de ses récits antérieurs. Mais elles lui ont imposé la nécessité de revenir, incidemment, pour les compléter, sur des épisodes qu'il a déjà racontés et sur des personnages à la physionomie desquels il y avait lieu d'ajouter quelques traits nouveaux.[Retour au Texte]

Note 2: Ils ont raconté l'un et l'autre les péripéties de leur fuite. La relation du roi a été imprimée et figure dans les Mémoires de l'Émigration (Paris, Firmin Didot). Celle de d'Avaray n'a jamais été publiée. Elle n'est guère d'ailleurs que la répétition de la précédente. J'y reviendrai en publiant ultérieurement les écrits de Louis XVIII.[Retour au Texte]

Note 3: La disgrâce de Mme de Balbi est un épisode d'ordre intime, qui forme, comme quelques autres, une sorte de hors-d'œuvre dans l'histoire de l'Émigration. Il figurera à ce titre dans une publication spéciale.[Retour au Texte]

Note 4: Pour se conformer aux désirs du roi, le comte d'Avaray, qui vivait auprès de lui, rédigeait fréquemment et lui remettait des rapports très circonstanciés sur les événements qui se déroulaient sous leurs yeux et qui les intéressaient, voire sur ceux auxquels ils avaient été mêlés ensemble autrefois. Ces rapports confidentiels, destinés à n'être lus que par le roi, et conservés parmi ses papiers, constituent une source abondante de renseignements pour l'histoire de l'Émigration. On verra que j'y ai largement puisé.[Retour au Texte]

Note 5: Correspondance inédite de Joseph de Maistre avec le comte de Blacas.[Retour au Texte]

Note 6: Je dois passer ici sur l'état des provinces méridionales et sur leurs rapports avec les émigrés. On en trouvera un tableau plus complet dans mon livre: La Conjuration de Pichegru.—Paris, Plon, Nourrit et Cie.[Retour au Texte]

Note 7: À propos de Boissy d'Anglas, le roi rédige la curieuse note que voici: «Ses liaisons avec La Harpe sont une chose excellente, et celui-ci pourra aider puissamment à sa conversion. Il faut d'ailleurs lui dire que sa conduite, en qualité de président de la Convention, le jour de l'assassinat de Féraud, lui a conquis plus que mon estime, mais de plus que je ne puis oublier: 1o le langage qu'il me tint le 15 juillet 1789 au moment où le roi mon frère sortait de l'Assemblée, et, depuis ce temps-là, regrettant de le voir entraîné, je l'ai toujours regardé comme royaliste dans le cœur; 2o que le 22 février 1791, ce fut lui qui me donna le premier avis de l'insulte que les jacobins me firent faire ce même jour, à l'occasion du départ de mes tantes. Il ne doit pas avoir oublié ces deux faits. En tous cas, j'ai un véritable plaisir à les lui rappeler, et ils doivent lui être garants de l'accueil qu'il doit attendre de moi.»[Retour au Texte]

Note 8: Le manifeste qu'il publia en prenant la couronne, et où il menaçait des plus rigoureux châtiments les assassins de son frère.[Retour au Texte]

Note 9: Le roi, que sa sensibilité naturelle n'empêchait pas de railler doucement à ses heures, dut sourire en parlant de la gloire acquise par le duc de Berry. Le prince en était à ses débuts dans la carrière des armes, et, quoiqu'il eut révélé sous les drapeaux d'excellentes aptitudes militaires, il n'avait encore guère vu le feu que de loin. Les louanges qu'on trouve ici sous la plume royale ne sont qu'une précaution destinée à rendre moins amer au duc de Berry le blâme formel qui les suit.[Retour au Texte]