Note 76: Au mois de juin, un agent du Directoire écrit d'Altona à Paris: «Pichegru est toujours chez le duc de Brunswick avec Alopéus, ministre de Russie. Il y est en grande faveur.» Le 21 du même mois, Louis XVIII écrit à Paul Ier: «Par les dernières nouvelles que j'ai eues, le général Pichegru était à Brunswick, où il devait avoir une conférence avec une personne que j'ai accréditée près de lui, et c'est cet entretien qui, prenant pour base l'état présent des choses et la très grande latitude que j'ai cru devoir laisser au général, a dû décider s'il profiterait des bontés de Votre Majesté pour venir ici, ou si, comme cela est devenu probable, nos communications continueront à avoir lieu par des intermédiaires. Si cependant, contre mon attente, il arrivait, je devrais à Votre Majesté Impériale mes rapports personnels avec un homme dont la célébrité n'offre plus rien à son désavantage, puisque j'ai la certitude que lors même qu'il semblait avoir oublié ses devoirs, il les portait profondément gravés dans son cœur, et qu'enfin ses malheurs sont l'effet de ses sentiments qu'il n'a pu dérober à l'œil inquiet des tyrans de la France.»[Retour au Texte]

Note 77: Il venait d'être nommé membre du Directoire, en remplacement de Rewbell.[Retour au Texte]

Note 78: Voir plus haut, pages [22] et suivantes.[Retour au Texte]

Note 79: Mémoires de Barras.[Retour au Texte]

Note 80: Elles figureront dans le Recueil des écrits du roi.[Retour au Texte]

Note 81: Cette question ne fut pas résolue. L'Autriche se refusa à payer, prétendant que la dot avait été versée et produisant une quittance régulière à l'appui de cette affirmation. Du côté du roi, on prétendait que la quittance était fictive et n'avait été délivrée que pour tirer la cour d'Autriche d'une situation délicate, puisqu'alors elle était trop obérée pour s'acquitter. «Mais, dans la position où Madame Royale est réduite, observait d'Avaray, il n'y a ni noblesse, ni loyauté, ni justice même à se prévaloir d'un pareil titre, pour la frustrer d'un patrimoine que des malheurs inouïs ont rendu nécessaire à sa subsistance et à celle du prince qui va devenir son époux.»[Retour au Texte]

Note 82: Le roi, à cette occasion, le nomma chevalier de Saint-Louis: «Il y a longtemps, mon cher Cléry, que je cherche, non le moyen de vous récompenser: des services comme les vôtres trouvent leur récompense en eux-mêmes; mais de me satisfaire en vous donnant une marque d'honneur qui puisse attester à la fois votre fidélité et ma reconnaissance. Je crois l'avoir trouvé. La devise de l'ordre de Saint-Louis fait assez connaître que Louis XIV l'institua pour être le prix de la valeur. S'il ne la destina qu'aux services militaires, c'est que les preuves les plus éclatantes de la vertu qu'il voulait honorer semblaient réservées à la profession des armes. Mais pouvait-il prévoir le sort qui attendait ses descendants?... Vous avez montré non moins de courage dans la prison du Temple que le guerrier qui brave la mort au champ de l'honneur, et, en vous accordant la décoration qui lui sert de récompense, je ne blesse point l'esprit de cette noble institution.—Louis,—15 juillet 1798.»[Retour au Texte]

Note 83: Dans la pensée de Louis XVIII, la distance qui sépare la France de la Russie ne permettant aucune crainte quant à des projets d'agrandissement de l'une aux dépens de l'autre, les troupes russes devaient être accueillies plus favorablement que les troupes autrichiennes.[Retour au Texte]

Note 84: Au moment même où le tsar répondait par des refus successifs aux demandes belliqueuses de Louis XVIII, un journal de Paris, le Bulletin de l'Europe, insérait sous la rubrique: Correspondance de Mitau, la note suivante communiquée sans doute par l'agence royaliste ou peut-être par la police de Fouché: «Paul Ier a fait déclarer à Sa Majesté très chrétienne qu'il désirait que, par sa présence sur le théâtre de la guerre, elle daignât sanctifier les efforts de la coalition et prouver à tous les Français que ce ne sont point des étrangers avides de conquêtes qui menacent leur territoire, mais que c'est un roi injustement dépouillé qui veut reprendre ses États, un petit-fils de Henri IV qui réclame son héritage envahi par des brigands.»[Retour au Texte]

Note 85: Au moment où Royer-Collard entre en scène, il nous paraît opportun de préciser d'après lui-même ce que fut son rôle pendant l'émigration. En 1820, écrivant à M. de Serre, garde des sceaux, pour refuser une pension de dix mille francs, il lui disait: «J'ai été pendant six années au péril de ma vie le serviteur du roi en France et son conseiller assidu.»