Note 103: Rivarol avait promis beaucoup et donna peu ou même rien. Le 4 septembre 1800, d'Avaray écrit à Thauvenay, l'agent royal à Hambourg: «Je suis vivement affligé de voir M. de Rivarol manquer du courage le plus nécessaire à sa situation et à la nôtre, et je ne vois que trop que, s'il s'éloigne de vous, nous courrons grand risque de n'entendre plus parler ni de lui ni de sa plume. Faut-il donc qu'un homme qui a tant de talent ait si peu de caractère et de bonne volonté! J'espère que, parmi les moyens que vous aurez employés pour le déterminer, vous aurez fait une attaque à sa délicatesse. En effet, il est peu digne d'un homme qui aurait des sentiments de se faire donner de l'argent, et d'oublier aussitôt des engagements pris en conséquence.» Le 18 septembre, nouvelle lettre. Pour combattre la paresse de Rivarol, on lui a donné un secrétaire, M. des Entelles, à qui il a dicté un prospectus très alléchant annonçant un journal. Il veut faire imprimer ce prospectus à Berlin. D'Avaray juge que ce n'est là qu'une attrape, «un os très sec à ronger.» Il soupçonne Rivarol de n'aller à Berlin que pour toucher la pension due aux académiciens qui s'y sont établis. «Ce n'est pas là notre compte. Je ne vois pas qu'il ait fait imprimer et répandre son prospectus; il aurait pris un engagement solennel envers le public. L'amour-propre et l'honneur se ligueraient contre sa paresse, et c'est ce qu'il veut éviter. Tout l'ensemble de cette conduite est peu noble, peu délicat, sent la plume et non l'épée.» Enfin, huit jours plus tard, d'Avaray déclare que, si le silence de l'écrivain se prolonge, il ne s'en étonnera pas, puisqu'il y est préparé. Les historiens de Rivarol, même le plus complet d'entre eux, M. de Lescure, ont ignoré ces incidents.[Retour au Texte]

Note 104: Ces détails et ceux qui suivent nous sont fournis par les lettres qu'adressaient au roi l'abbé de Montesquiou, Clermont-Gallerande et Royer-Collard.[Retour au Texte]

Note 105: Dans le texte que donne Thiers, il y a: cinq cent mille cadavres. Nous avons préféré le texte de Montesquiou, qui avait sous les yeux la lettre originale de Bonaparte, en en traçant la copie qu'il envoya au roi. Quant à celle de Le Brun, nous rappelons que Thiers ne l'a probablement pas connue, et qu'en tous cas il ne l'a pas publiée.[Retour au Texte]

Note 106: Le comte de Warwick, un des personnages les plus fameux de l'histoire d'Angleterre au XVe siècle, lors de la lutte entre les York et les Lancastre. Il avait enlevé la couronne à Henri VI pour la donner au fils du duc d'York, qui régna par sa protection sous le nom d'Edouard IV, et la reprit à ce dernier pour la rendre à celui qu'il en avait dépouillé.[Retour au Texte]

Note 107: En route pour l'Égypte, Bonaparte, en 1798, avait occupé l'île de Malte, où, depuis, des troupes tenaient garnison. En 1800, désireux de se rapprocher de la Russie et voulant disposer favorablement le tsar, il lui offrit cette possession. Mais, avant que son offre aussitôt acceptée eût pu être suivie d'effet, les Anglais avaient mis le siège devant Malte. Après une héroïque défense, la garnison dut capituler.[Retour au Texte]

Note 108: C'est-à-dire pour se ménager un moyen de renouer la négociation.[Retour au Texte]