Cependant Louise pressait de toutes ses forces la main du docteur sur qui elle attachait ses yeux avec une inexprimable tristesse.

—J’en mourrai, n’est-ce pas, monsieur? lui dit-elle.

—Je vous assure que vous vous portez beaucoup mieux, au contraire.

Elle remua la tête comme pour dire: Je ne vous crois pas.

—Je ne dois pas vous cacher, ajouta-t-il, que vous avez été fort malade, en danger même de perdre la vie; mais à présent je réponds de vous: il n’y a plus rien à craindre.

—Oh non! dit-elle, je sens qu’il n’y a pas de ressources.... Quand ma mère est morte, je n’ai pas pleuré.... Il faut que je sois bien malade.

Le docteur étonné chercha les regards de Gustave, qui lui témoignèrent une surprise égale à la sienne.

—Votre mère est morte? dit-il; mais ne croyez pas cela.

—Vous voudriez en vain me tromper, monsieur, murmura Louise d’une voix faible et triste: ma mère est morte, et je n’ai pas pleuré.... je vous dis que je suis bien malade; je mourrai comme ma mère.

Elle laissa retomber sa tête sur son oreiller.