—Chez moi! et qui suis-je? et qui êtes-vous, monsieur?

—Votre médecin.

Gustave s’avançait impatient de mettre fin à cette scène, épouvanté des suites qu’elle pouvait avoir. Le docteur lui ordonna par gestes de ne pas se montrer.

—Et ma mère, ma mère! où est-elle? s’écria Louise, pleurant, épuisée d’efforts... ma mère! où est ma mère?

—Vous le savez... répondit le docteur.

Louise sanglota long-temps, mêlant dans ses pleurs les noms de Gustave et de sa mère; après quoi elle s’endormit de lassitude.

Fortement ému par ce qui venait de se passer, Gustave prit une résolution désespérée.

—Il en arrivera ce qu’il pourra, docteur, dit-il; mais je veux, dès aujourd’hui, qu’on la traite et qu’elle se regarde elle-même comme ma femme. Puisqu’elle est persuadée de la mort de sa mère qu’elle n’a cependant pas vue mourir, il nous est tout aussi facile de lui persuader qu’elle est ma femme; c’est la seule manière, suivant moi, de ne pas renouveler des peines qui la tueraient. J’ai fait bien des folies, mon cher, il est temps de finir. Je suis cause de la mort de sa mère, je ne veux pas encore avoir à me reprocher la sienne.

—Il faut lui dire qu’elle est votre femme?

—Oui, docteur.