Eh! mais, M. Lefuté, cherchez donc bien dans vos vieux coffres, il y a bien encore quelque magot en réserve.

LEFUTÉ.

Ta, ta, la, ta, tout ça c'est bon a dire. (à dater de cette scène, Lefuté a le ton flatteur, insinuant, pèse ses mots). A propos, dis donc, mon p'tit Julien... tu sais... hein?... que sur le morceau de terre que je t'ai vendu et la petite maison que j'ai fait bâtir pour ta vieille mère... tu sais... hein?... que tu me dois une petite somme... comme... heu... heu... huit cents francs.

JULIEN (surpris et attristé).

C'est vrai, M. Lefuté... mais vous savez aussi que la récolte de l'année dernière n'a pas été très-bonne, que ma pauvre bonne mère a été malade une partie de l'hiver... Mais cette année le travail va bien, je gagne de bons gages et je pourrai avant peu vous donner un bon à-compte.

LEFUTÉ (toujours flattant).

Ah! mon garçon, je ne suis pas inquiet de toi... je te connais et tu es aussi connu de tous, pour ton travail, ta bonne conduite et surtout pour le filial dévouement que tu portes à ta mère... mais... vois-tu... si j'avais cette somme... ça m'aiderait pour retirer Criquet... Tu... comprends?

ROBERT

Allons, allons, père Lefuté, laissez donc ce pauvre Julien tranquille... Que diable lui chantez-vous là? car, je vous vois venir.

LEFUTÉ