DEUX ANS APRÈS.
SCÈNE 1ère.
CRIQUET (un balai à la main).
Ma parole la pus sacrée, j'comprends pus parrain... d'puis hier, y m'fait travailler, épousseter, balayer... frotter... Et puis y'bougonne, y chante... y siffle... y crie... y marche à grands pas... y fait des grimaces... ma foi, ma parole, j'y entends pus rien... rien... j'crois qu'il a que'qu'chose de traqué dans l'cerveau, c'pauvr' parrain!... J'ai beau m'creuser toutes les idées... j'trouve pas... j'comprends rien... mais là... rien, rien, de rien... à la fin ça m'embête, moi, de rien savoir... y m'cache qué qu'chose, c'est sûr... Diable! quoiqu'ça peut z'être?... Je m'marie pas?... oh! non!... quand même je l'saurais ben... oh ben oui, m'marier... faut pas penser à ça!... surtout d'puis c'te grande catastrophe!... oh! grosse trompeuse de Rose, va!... Tenez y m'semble que c'est d'hier... J'vas vous conter ça... Un jour... (il regarde dans la coulisse) aie! vlà parrain qui vient, n'y parlez pas d'ça, n'dites rien d'moi, hein? parc'que, voyez-vous, quand j'tombe sus l'chapitre d'ma grosse Rose... y m'appelle idiot, stupide, imbécile, bêta et pis y bougonne toute la journée... j'vous conterai ça plus tard.. (Il se met à balayer).
SCÈNE 2eme
CRIQUET, LEFUTÉ.
LEFUTÉ.
Eh bon! voyons, à quoi penses tu la?... les bras croisés, au lieu dé travailler.
CRIQUET.
Dame! parrain, y m'semble que j'm'amuse pas à attraper les mouches... Ah! ça, mais dites donc, parrain, sans vous commander, pourquoi donc qu'vous m'faites comme ça éclabousser d'tous les côtés avec mon balai?... y a c'te pauvre vieille Javotte à la cuisine, qui sue à grosses gouttes à fourbir, à récurer tous ses chaudrons de cuivre jaune!... Enfin, d'pis à c'matin, on met tout sens d'ssus d'ssous dans la maison, vrai, comme si c'était la Fête-Dieu!