GUILLAUME
Parce que vous n'avez pas le coeur de quitter ma pauvre tante qui vient d'entrer chez nous, elle pleure elle se désole.
LEFÈVRE
Ah! ça dis donc, mon n'veu, sais tu que tu es un tant soit peu girouette... Ce matin tu m'parlais bleu et ce soir tu m'réponds tout rouge?... Tu me prêchais le divorce comme une chose des plus aimables et utile pour la société et à présent tu changes de culotte?
GUILLAUME (à part).
Diable de vieux! C'est qu'il y tient?... Et c'est moi qui suis cause de cela (haut). Voyons, mon oncle, j'ai eu tort, le plus grand tort de vous parler ainsi, je m'en repens bien sincèrement et pour vous le prouver, je dois vous dire que je viens de faire la paix avec Thérèse ma femme, je lui ai demandé pardon de tous mes torts, elle m'a pardonné en pleurant de joie et, à dater de ce jour, je dis adieu à tous ces faux plaisirs, je me remets à l'ouvrage, je veux vivre heureux auprès de ma femme!... Voyons, mon oncle, revenez de votre erreur; imitez-moi, allez retrouver votre femme, ma pauvre tante et nous serons tous heureux.
LEFÈVRE
C'est beau ça!... C'est sensible!... Si j'avais le temps je pleurerais!... Moi!... retourner auprès de ma femme!... Mais non!... Mais non!... mon neveu, j'ai trop d'énergie!... Tu ne sais donc pas que Madame Lefèvre injectait avec moi un air de supériorité qui ne m'allait pas du tout? Mais, pas du tout? du tout?... Je ne veux plus vivre ainsi, c'est trop abject!... Le divorce étant dans les lois du royaume, je profite des lois du royaume!... A bas les monopoles!... Une fois n'est pas coutume!
COUPLET
Jusqu'à ce jour je fus trop bête!