AUGUSTE
Je connaissait un peu de votre histoire par une conversation que vous eûtes un jour dans le jardin du palais avec le seigneur Marécot. Mais, encore une fois, le pacha vous aime beaucoup, vous le charmez par votre talent pour la musique, vous êtes admis dans l'intérieur du palais, ce qui n'est guère permis à aucun esclave; moi-même, français comme vous, je jouis d'une certaine liberté, grâce à vous; vous fûtes aussi touché de mon malheur que je vous racontai... Mon père, ma mère, massacrés par les pirates, et moi, vendu comme esclave, assujetti aux ouvrages les plus durs!... Encore une fois, Victor, c'est à vous que je dois d'être délivré de mes maux; le pacha m'a mis près de vous pour vous servir et vous avez bien voulu que je sois votre ami.
VICTOR
(Lui prenant la main.) Non pas un ami, Auguste, mais un frère!... Que le Ciel écoute ma prière et tout me dit qu'un jour nous serons libres et que nous reverrons la France!
AUGUSTE (regardant au fond).
Ah! mon Dieu! que nous veut le seigneur Marécot, d'où lui vient cet air consterné?
SCÈNE 2me
LES MÊMES.
MARÉCOT (arrivant tout effrayé).
Mes amis!... C'en est fait!...