Et les molles chansons, et le loisir serein,

Et j'ajoute à ma lyre une corde d'airain!

Novembre 1831.

LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.

Ce qui manque le plus aux Chants du Crépuscule, c'est l'unité d'impression. L'auteur s'est laissé aller, plus que dans aucun autre recueil, à la tentation de grossir son volume avec des vers d'album, des romances, des madrigaux, des pièces de circonstance. Ces crayons un peu improvisés feraient honneur à de moindres poètes; chez Hugo, ils ont l'inconvénient de détourner à leur profit une attention, parfois même une admiration qui s'adresserait mieux à des beautés plus hautes. Je ne citerai qu'un exemple. Dans quelle mémoire ne s'est pas logée cette déclaration d'amour où la passion est symbolisée dans la prière de la fleur au papillon? Tout à côté de cette odelette gracieuse, se trouve l'admirable contemplation qui a pour titre Au bord de la mer, et, un peu plus loin, la merveille même de ce recueil, la méditation puissante sur la cloche.

Seule en ta sombre tour aux faîtes dentelés,

D'où ton souffle descend sur les toits ébranlés,

O cloche suspendue au milieu des nuées

Par ton vaste roulis si souvent remuées,