Hugo ne se borne pas à cette satire indirecte. Il blâme ouvertement les désintéressements de la politique française, et s'indigne qu'aucun écho ne réponde au cri de la Pologne piétinée par les clous des Baskirs. En maudissant «l'homme qui a livré une femme,» il inflige un blâme sanglant aux ministres qui ont soldé et provoqué ce louche trafic. Ses éloges mêmes, tels que le remerciement au duc d'Orléans, ont quelque chose d'un peu humiliant pour le trône; ils ne diffèrent guère du conseil, et quand le conseil se fait jour, il est gros de menaces. Hugo montre aux rois le flot populaire qui monte; rien ne l'arrêtera dans sa fureur inconsciente, sinon le pouvoir du bienfait, et l'obstacle d'une bonne action.

La préoccupation des misérables de tout ordre vient servir d'excuse à ces plaintes, mais elle fournit à cette satire naissante un aliment nouveau.

Voici l'antithèse du riche et du pauvre; voici le contraste entre la foule heureuse, éclatante, enivrée, que rassemble le bal flamboyant, et le groupe des créatures dégradées,

Voilant leur deuil affreux d'un sourire moqueur,

Les fleurs au front, la boue aux pieds, la haine au cœur!

Où trouver un refuge contre tant de causes de tristesse?

Dans l'amour tout divin de l'humanité. A la prière qui s'est tue un autre hymne succédera.

Ce sera l'hosanna de toute créature,

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ce sera l'harmonie immense qui dit tout.