Le Dimanche est l’Alleluia de la création. C’est ce jour-là que la respiration des mondes, chantant la gloire du Seigneur, pourrait, ce semble, être devinée dans le silence. — Mais où faut-il aller pour entendre ce que ce silence dit ?
Il faut aller plus loin que le lion qui traverse le désert, plus loin que l’aigle qui traverse les cieux, plus loin que l’harmonie, plus loin que la lumière qui traverse l’espace ; il faut traverser les îles étrangères et les plaines inconnues.
Je suis allé plus loin que le lion, plus loin que l’aigle qui traverse les airs, j’ai laissé derrière moi le son et la lumière qui ne fait que soixante-quinze mille lieues par seconde, et je n’entends pas encore la respiration des mondes.
Va plus loin, plus loin…
Je vais plus loin, plus loin, plus loin, et je n’entends pas encore la respiration des mondes.
Pour entendre la respiration des mondes, il faut aller si loin que tu n’entendes plus aucun de leurs bruits.
Je suis allé si loin que je n’entends plus aucun de leurs bruits, et cependant je n’entends pas la respiration des mondes.
Va plus loin… pour entendre la respiration des mondes, il faut aller si loin, que tu ne te souviennes plus d’aucun de leurs bruits.
Je suis allé si loin… si loin, que je ne me souviens plus d’aucun de leurs bruits, et pourtant je n’entends pas la respiration des mondes.