La conclusion de ces choses est jusqu’à un certain point consolante : le doute absolu, qui exclut la religion, la société, la science, exclut aussi l’art qui ne peut qu’affirmer. L’art, qui n’est qu’une des formes de la critique, cesse d’être.

De là résulte, ainsi que je l’avais annoncé, la négation radicale de l’art.

Voici, du reste, comment peut se traduire la théorie que j’essaie d’exposer.

La forme plastique est la fin dernière de l’art.

Or, la forme plastique est le fini par excellence.

Donc l’art est infini.

L’art est une des formes de la critique. Or, la critique est elle-même une des formes de la philosophie, qui est finie et imparfaite. Donc l’art est infini.

L’art est une des formes de la critique. Or, la critique nie toujours. Elle ne peut atteindre l’indubitable : elle ne peut exprimer l’ineffable.

Donc l’art, qui est une des formes de la critique, est l’affirmation par excellence ; il atteint l’indubitable, il exprime l’ineffable.

Telle est l’œuvre de M. Renan. Résumons sa pensée :