Tout était consommé.

Quelle est la forme absolue de l’opposition géométrique ?

C’est la rencontre de deux parallèles.

Un jour, par ordre du proconsul romain, un arbre fut abattu dans une forêt. C’était un sycomore. Les ouvriers galiléens reçurent l’ordre de le tailler. Ils ne le taillèrent pas sans peine. Il leur fallait réaliser le plan géométrique aperçu par Dieu dans le Verbe qui allait être cloué sur ce morceau de bois. Sur ce bois en effet fut cloué le Verbe fait chair. Le corps fut dressé verticalement : ligne de vie ; les bras furent étendus horizontalement : ligne de mort. Ainsi se résuma le sacrifice qui contient la vie et la mort réconciliées.

Toutes choses s’embrassèrent dans un baiser immense. Car le bois du sycomore fut croisé. Ses lignes, parallèles tant que l’arbre avait vécu, tant que les racines avaient été en terre, se coupèrent à angles droits, à angles égaux. L’arbre prit la forme d’une croix et fut transporté sur la montagne.

La vie et la mort se traversèrent, et, se coupant à angles droits, chantèrent une musique infinie qui entraîna dans le même accord l’essence éternelle et les choses créées, Dieu, l’homme et la nature. Dieu le Père, revenu de sa fuite infinie, ne se repentant plus d’avoir fait l’homme, atteignit et embrassa la création sur cet épouvantable sommet. Il trouva encore une fois son œuvre bonne.

Or, voici un postulatum de mathématique transcendante :

LES PARALLÈLES SE RENCONTRENT A L’INFINI.

Omnia in ipso constant. Je le dis avec une sorte de terreur : la vie et la mort se tiennent debout ensemble, cum stant, constant, sur la terre et sous les cieux.

Le panthéisme n’a pas de croix. Sa ligne, c’est la ligne horizontale. La terre s’étend aux regards, isolée et désolée. L’infini est absent. Les créatures sont ensemble, mais elles ne se tiennent pas debout, et aucun Dieu ne les redresse. Du mot chrétien, du grand mot si simple et si complet, constant, peut-être le panthéisme peut-il prononcer la première syllabe cum, avec, stant lui est refusé.