—Tu viens de dire le mot de la situation. C'est parce que je suis vulgaire—et je m'en vante—que je ne puis me mettre à la tête des immenses entreprises que tu sais. Il faut un homme distingué. Je suis, en outre, un gros garçon frivole qui s'amuse de tout, même de ses projets et qui a besoin d'être gai parce qu'il ne l'a pas toujours été. Toi, je t'ai auné et jaugé; tu as de l'étoffe. Ne m'empêche pas d'exercer mon métier pour la première fois, mon métier d'usurier: je te prête des idées.
—Je réfléchirai, murmura plaintivement Rocaroc.
—C'est tout réfléchi: tu acceptes! éclata gaîment Bihyédout.
A ce moment, une entrée en bourrasque fit voler les journaux, les revues, les buvards, les encriers: une trombe d'hommes bourrus et noueux, les poings en avant...
—La police! murmura le Défrisé, un peu pâle.
Les intrus allaient plus avant, gardant les issues de la salle des jeux; de nouveaux venus, de mains fébriles et inexpertes ouvraient des brochures... Un monsieur s'avança, avec une nuance de dignité, se déboutonnant pour donner de l'air à une écharpe microscopique. Bihyédout s'était levé.
—Le commissaire de police! jeta-t-il comme une présentation.
Le magistrat se tourna vers l'ancien forçat, souriant:
—Soyez tranquille, messieurs, vous ne jouez pas ou vous ne jouez plus. Je ne suis ici que pour la Faucheuse!