[Note 191: ][ (retour) ] V. Recueil de la Soc. arch. de Constantine, 1854-1855.

Vers 275, des Franks, faits prisonniers par Probus, et transportés par lui en Asie-Mineure, parvinrent à s'échapper sur quelques navires. En passant devant les côtes de la Maurétanie césarienne, ils y firent une descente et mirent tout au pillage. Il fallut un envoi de troupes de Karthage pour les forcer à reprendre la mer. Ils traversèrent le détroit et rentrèrent chez eux par l'embouchure du Rhin.

Lorsque Probus eut été proclamé empereur, l'Afrique, au lieu de se souvenir de ses services, soutint son compétiteur Florien. Sous le règne de son successeur Carus (282), eut lieu le premier partage du monde romain. L'Afrique, avec le reste de l'occident, fut donnée à Carus.

Dioclétien. Révolte des Quinquegentiens.--Dioclétien parvenu au trône en 284, essaya en vain de gouverner seul: deux années plus tard, il s'associa Maximien Hercule, auquel il donna en apanage l'Italie, l'Afrique et l'Hispanie. Mais ce n'était pas encore assez de deux maîtres pour gouverner le monde romain dans l'état de désagrégation où il se trouvait, et sous la pression générale des barbares qui l'entouraient. Afin d'arrêter le débordement, les deux augustes s'adjoignirent deux césars, Galere et Constance Chlore. Il fallut partager l'empire en quatre parties. Maximien conserva l'Afrique, moins peut-être la Tingitane. La Cyrénaïque et la Libye échurent à Dioclétien qui avait l'Orient pour lot.

Le moment était trop opportun pour que l'Afrique le laissât échapper, et du reste la révolte était pour ainsi dire à l'état permanent dans la Maurétanie. Dès 288, la grande confédération des Quinquégentiens était en pleine insurrection. Le præses de la Césarienne, Aurélius Litua, obtint contre eux quelques avantages et les contraignit à une soumission éphémère.

Mais bientôt les Quinquégentiens reprennent les armes et portent le ravage dans la Numidie. Le mouvement se propage à l'est. Un certain Julien, sur lequel on n'a que des renseignements vagues, est proclamé à Karthage. La situation devient si grave que Maximien passe lui-même en Afrique pour prendre la direction des opérations. Il combat les farouches Quinquégentiens, les repousse chez eux et les poursuit jusque sur les sommets de leurs montagnes inaccessibles. Cette fois la répression est sérieuse et la soumission réelle. Pour en assurer les effets, Maximien juge nécessaire de transporter une partie de ces tribus indomptées [192] (297).

Vers le même temps, l'usurpateur Julien cessait de vivre; cependant la révolte persista encore dans les Syrtes, et ce fut en vain que l'empereur essaya de la réduire.

[Note 192: ][ (retour) ] Eutrope, 1. VIII, 5, 6. Mammertin, III, 17. P. Orose, 1. IX, 14. Aurel. Victor, ch. XXXIX. On ignore l'endroit où ces tribus ont été transportées, M. Fournel penche pour le désert, mais cette conjecture nous semble peu justifiée.

Nouvelles divisions géographiques de l'Afrique.--Sous le règne de Dioclétien, les divisions administratives de l'empire furent modifiées et il en fut ainsi notamment en Afrique. On suppose que ces remaniements ont été effectués par Maximien, après sa victoire sur les Quinquégentiens (297). Morcelli les place en 297, à la même date que la reconstitution générale de l'empire. Il est probable que la confédération des cinq républiques cirtéennes, (Cuicul (Djemila) avait été ajoutée aux quatre précédentes), fut dissoute un peu auparavant, car il n'en est plus fait mention depuis l'époque d'Alexandre Sévère. La séparation de la Numidie en territoire militaire et territoire civil, fournit naturellement l'occasion de faire cesser une anomalie qui ne pouvait être que préjudiciable au bon ordre, dans une époque aussi troublée.

La Maurétanie orientale fut divisée en deux parties: celle de l'est avec Sitifis pour chef-lieu, reçut le nom de Sitifienne; celle de l'ouest conservant Césarée, comme siège du gouverneur, continua à être appelée Césarienne.