Tout d'abord, dès 1843, la Société Littéraire et Historique de Québec édita la Relation des Voyages de Jacques Cartier. Onze ans plus tard (1854) le Gouvernement du Canada (ministère McNab-Morin) publiait une nouvelle édition des Edits et Ordonnances du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France.157 Subséquemment (1858) le Gouvernement du Canada (administration McNab-Taché) édita les fameuses archives nationales Relations des Jésuites. Deux archéologues éminents, MM. les abbés Bois et Laverdière, dirigèrent l'impression de ce travail gigantesque, laquelle fut exécutée par l'établissement typographique A. Côté & Cie.
Note 157: Cette édition était de beaucoup plus complète que la première publiée en 1803.
En 1868, la maison Desbarats publiait à Ottawa les Oeuvres de Champlain, monument impérissable élevé à la mémoire du fondateur de notre ville par le soin filial des bibliophiles Laverdière et Casgrain. Ce qui n'excuse pas la cité d'oublier qu'elle doit une statue à cet illustre Père de la Nouvelle-France.
La première impression typographique de cet ouvrage célèbre a été exécutée sous la surveillance de M. l'abbé Laverdière, dans l'ancien Secrétariat de l'Évêque de Québec, au Séminaire de Québec.
En 1871, aux ateliers de M. Léger Brousseau, éditeur propriétaire du Courrier du Canada. Laverdière et Casgrain publièrent encore Le journal des Jésuites.
En 1883, la Législature de Québec prit sous ses auspices la publication d'une collection de manuscrits relatifs à l'Histoire de la Nouvelle-France. Ce travail représentant quatre volumes in-octavo et plus de 2,000 pages est un véritable Eden, une Terre Promise aux chercheurs, aux archéologues et aux bibliophiles qui ne nuiront pas,(du moins en nombre) dans le partage de ce paradis. Cette publication a été terminée en 1885. 158
Note 158: Collection de Manuscrits contenant Lettre, Mémoires et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France, recueillis aux Archives de la Province du Québec ou copiés à l'étranger.--Québec--Imprimerie A. Côté et Cie.
En 1886, et sous le patronage de cette même Assemblée Législative, le gouvernement due Québec édita les Jugements et Délibérations du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France. en même temps, la Société Historique de Montréal publiait le Livre d'Ordres du Chevalier de Lévis, ouvrage précieux s'il en fut jamais, et qui corrobore une Relation de la Guerre de Sept ans en Amérique écrite par ce même chevalier de Lévis, l'immortel vainqueur de Ste. Foye. Cette perle archéologique, actuellement en la possession de M. l'abbé Verreau, appartenait à la collection Viger de fameuse et savante mémoire.159
Telles sont, réunies à un petit nombre de titres éclatants, les quelques archives nécessaires aux chercheurs, archéologues, bibliophiles ou écrivains.
Note 159: La Société Historique de Montréal a publié plusieurs autres documents de grande valeur, entre autres: Les Véritables motifs des Messieurs et Dames de Notre-Dame de Montréal, pour la conversion des Sauvages de la Nouvelle-France; un traduction du Voyage de Kalm au Canada, etc.
M. Verreau, en 1873 et en 1874, et plus tard M. Brymner, ont fait à Londres, à Paris et à Rome des recherches importantes et qui ont permis d'augmenter considérablement la collection des archives historiques. Le rapport qui vient d'être publié par M. Brymner (Rapport sur les Archives Canadiennes, par Douglas Brymner, archiviste, 1885) contient l'analyse de l'immense collection Haldimand copiée au British Museum et dont une partie avait déjà été obtenue par les soins de M. l'app. Verreau et appartient maintenant à la Société Historique de Montréal.
M. G. B. Faribault, avocat de Québec, bibliophile éminent, publiait en 1837, un catalogue des ouvrages sur l'histoire de l'Amérique et en particulier sur celle du Canada, de la Louisiane et de l'Acadie. Le nombre des ouvrages ainsi catalogués s'élevait à 969. Cette statistique nous donne une idée approximative des richesses archéologiques du Canada à cette époque. Les inestimables travaux de l'illustre érudit furent irréparablement anéantis par l'incendie du parlement à Montréal, la nuit du 25 avril 1849 par les émeutiers protestants orangistes. "En un instant ce bel édifice devint la proie des flammes avec les archives de la province, les deux bibliothèques qui renfermaient vingt-deux mille volumes. Le Canada perdit dans cette conflagration des livres rares et précieux de la belle collection d'ouvrages sur l'Amérique (seize cents volumes) formée par M. Faribault après les plus pénibles efforts. Les pertes furent estimées à plus de $400,000.00." Louis P. Turcotte: Le Canada sous l'Union, page 112 tome Ier.