— Il n’y a pas à dire, le lièvre est ici. Ce n’est pas d’hier que je chasse… je me méfie… il faudra que tout cela se tire au clair.
Cependant son fils rappelait les chiens et les remettait sur la piste ; le même manège recommença ; les chiens s’égaillèrent encore.
— C’est tout de même raide ! fit-il à son tour ; le lièvre s’est envolé sans doute.
Il allait interpeller Séverin, lorsque le troisième chasseur qui, fatigué, s’était assis sur l’aiguille du tombereau, poussa une exclamation de surprise. Tous ceux qui étaient là levèrent la tête ; les deux paysans, à chaque bout du champ cessèrent de travailler.
— Venez donc voir ! disait le chasseur ; il y a du sang sous le tombereau.
Les Magnon accoururent et se baissèrent vivement ; du sang, en effet, avait goutté entre les planches disjointes.
— Je m’en doutais bien ! cria le vieux. Ah ! la crapule ! où l’a-t-il fourré ?
Les chiens aboyaient furieusement. L’un d’eux, d’un bond formidable, fut dans le tombereau ; tout de suite il fouilla dans les pommes de terre et découvrit le lièvre.
— Je le savais ! Je le savais ! hurla M. Magnon. Voleur ! tu es pris ! cette fois, cela va te coûter cher !
Séverin pensa :