— Non, je ne peux pas ; bonsoir, papa ! approche, que je t’embrasse.
Il se pencha et elle l’embrassa à plusieurs reprises sur sa barbe dure. Elle avait toujours adoré son père et toujours elle lui avait donné ces marques d’amitié auxquelles on s’attarde rarement dans les familles nombreuses et pauvres où l’on est pressé ; mais depuis qu’elle allait tout à fait mal, elle était devenue encore bien plus caressante.
— As-tu été plus forte aujourd’hui ? demanda Séverin ; as-tu mangé ? Vois donc ce que je t’apporte.
Il sortit la poule de dessous sa blouse et la mit sur le lit. Un sourire éclaira le visage blanc de la malade.
— Ah ! c’est ma poule ! tu as pensé à moi, merci, père. Comme elle est lourde ! je ne peux pas la soulever ! quelles belles plumes ! grand’mère, viens voir !
La Bernoude se leva et vint près du lit.
— Où l’as-tu prise, mon gars ? demanda-t-elle à Séverin ; chez Guste ?
— Non, pas chez Guste.
— Tu ne l’as pas prise aux Arrolettes ?
— Si, je l’ai prise aux Arrolettes.